Voyage en Colombie Paulette à Bicyclette

Partir, avec ou sans peurs

Samedi 24 février 2018

Le same­di 24 févri­er, je m’en­v­ole enfin pour la Colom­bie, pour un voy­age que je rêve de faire depuis tant d’an­nées : aller vis­iter les mines d’or Fairmined, ren­con­tr­er les mineurs ain­si que toutes celles et tous ceux qui font vivre les coopéra­tives minières, voir de mes yeux leurs con­di­tions de tra­vail.

Ce voy­age, j’en rêve et je le red­oute.

Anci­enne expa­triée (j’ai vécu 4 ans au Proche-Ori­ent), j’ai depuis dévelop­pé illogique­ment une légère pho­bie de l’avion alors que je ne le prends qua­si­ment plus. Or ce qui m’at­tend c’est un long vol et surtout… des vols intérieurs colom­bi­ens, mais je vous en repar­lerai.

J’ai peur des chiens, or ils sont légion ceux qui errent en Colom­bie.

J’ai très peur des mous­tiques égale­ment, et la Colom­bie héberge presque toutes les espèces les moins sym­pa­thiques du monde. Ma chance : le voy­age a lieu fin février/début mars, après les péri­odes de gross­es chaleurs.

J’ai le mal des trans­ports niveau 9… et ce sont des dizaines d’heures de bus et de 4x4 dans les mon­tagnes qui nous atten­dent.

Je suis aus­si une experte ès tourista. Je ne développe pas.

Et en alti­tude je peux faire des crises d’asthme d’ef­fort (info : Bogo­ta et les mines d’or au Sud-Est sont entre 2500 et 2700m d’alti­tude).

Enfin il va sans dire que la Colom­bie est en soi un pays qui peut inspir­er quelques craintes, surtout que les zones dans lesquelles sont situées les mines sont très reculées et par­faite­ment décon­seil­lées aux touristes. Mon mari me prévient qu’il n’est pas bot­té par l’idée de se retrou­ver à la tête d’un comité de sou­tien pour sa femme retenue con­tre son gré dans une quel­conque jun­gle.

Je me sens donc l’âme d’une vraie baroudeuse en Quechua, d’une aven­turière avec sa banane à la taille, d’une voyageuse qui envoie du pâté. Je vais voir les mines d’or avec lesquelles nous tra­vail­lons depuis 7 ans !

 

Mon voyage en Colombie - Paulette à Bicyclette

Après 3 heures cloué sur le tar­mac de Rois­sy pour divers­es pannes, dont une “moteur” (his­toire de tester si oui ou non j’avais vrai­ment vrai­ment envie de faire ce voy­age), notre avion décolle enfin. Et toutes mes craintes restent à Paris. Le per­son­nel de bord ultra sym­pa m’at­tribue deux sièges pour moi toute seule, ce qui, vue ma taille, me per­met presque de m’al­longer de tout mon long en étoile.

 

Voyage en Colombie Paulette à Bicyclette

Une douzaine d’heures plus tard, je m’écroule à l’hô­tel. En Colom­bie (l’avion n’a pas été détourné). Je prends l’escalier pour faire tra­vailler mes jambes après l’avion, mais les 2700m d’alti­tude de Bogo­ta me rap­pel­lent très vite ma con­di­tion de cita­dine parisi­enne qui pra­tique la course depuis au moins 4 semaines. Je prends donc sage­ment l’as­censeur, comme tout le monde.

Dimanche 25 février

Petit déje­uner déli­cieux, avec des fruits dont j’ig­no­rais pure­ment l’ex­is­tence et le goût. Avec un effort vous devinez les Cordil­lières des Andes (si senor, il y en a plusieurs !) en toile de fond.

J’es­saie vague­ment de chang­er de l’ar­gent mais n’ayant absol­u­ment rien com­pris aux expli­ca­tions anglospan­ish du concierge, je reviens bre­douille à l’hô­tel après avoir erré 1km le long d’une avenue peu avenante. J’ap­prendrai le lende­main que le bureau de change est dans l’im­meu­ble c.o.l.l.é à l’hô­tel. Qu’à cela ne tienne ! Pas ques­tion de lam­bin­er, j’ai 2 heures pour appren­dre l’es­pag­nol. Hauts les cora­zones ! Mer­ci Youtioube. J’in­gur­gite 5 leçons, mais m’ar­rête avant de savoir con­juguer cor­recte­ment “être” et “avoir”, et d’avoir com­pris la dif­férence entre “soy” et “estoy”. Bref, je sais dire “hola”, “los hom­bres” et “las mujeres”.

 

(à suiv­re)